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Le nombre
π
Comment
approximer le nombre π ?

Par
HENDEL Martin
OET Julien
UZAN Raphaël
![]()
Lycée Victor DURUY,
Paris
Recherches éditées le 13 juin. 05
Introduction
Tous les cercles ont au moins une chose en commun : si on divise leur
circonférence par leur diamètre, on obtient 3,1415926... Le nombre Pi qui
exprime le rapport entre la circonférence et le diamètre d'un cercle (= C/D)
correspond également à la surface du disque divisée par son rayon au carré (= S/r²).
D'un point de vue géométrique, π est donc un nombre très
simple. Par contre, lorsqu'on tente de calculer précisément les décimales de
Pi, on constate que c'est un nombre très compliqué. Ses décimales sont infinies
et impossibles à prévoir. Pi est un nombre dit « irrationnel », c'est-à-dire
qu'il ne peut s'écrire sous la forme d'une fraction de deux nombres entiers
comme 1/3 ou 65/4. Il est aussi transcendant : il n'existe aucune équation à
coefficients entiers (par exemple x5y2 + 3x2 +
xy + y) qui permette de calculer Pi avec précision.
π nous a d’abord attiré par son aspect mystique et la place que
ce nombre occupe dans les mathématiques en en faisant entre autre une science
vivante. Or chacun connaît le récurrent « pi égal trois quatorze »
connu depuis l’école primaire ; mais beaucoup savent également que ce
n’est qu’une approximation très restreinte du nombre et que ces dernières
années mathématiciens et informaticiens se sont lancés dans une course infinie
au décimales. Mais à notre échelle de lycéen, nous avons voulu trouver une
problématique sur le thème de π qui concilie à la fois mathématiques et sciences physiques. Quelques
recherches préliminaires nous ont permis de constater que les implications du
nombre π en physique n’étaient malheureusement pas nombreuses et se complexifiaient rapidement. En
fait π est avant tout une
constante mathématique et c’est dans cette optique là que nous allons tenter
d’approximer de façon expérimentale ce nombre avec les outils à notre portée ; et ce toujours
en essayant d’utiliser la physique le plus possible dans nos méthodes
d’approximation.
Problématique:
Comment approximer le nombre Pi ?
Plan :
I.Quelques
approximations historiques du nombre p
I.1
Présentation de p
I.2.
La géométrie en état de grâce.
Antiquité – XVIIèmes.
I.3. Le
temps de l’analyse. XVIIème-XXèmes
I.4. Le
temps des machines. Aujourd’hui
II. Nos approximations
expérimentales
II.1 Théorème
de l'aiguille de Buffon
II.2. Méthode de Monte Carlo
II.3. Notre approximation avec la radioactivité
I.Quelques
approximations historiques du nombre p
I.1 Présentation de p
|
p Pi |
Origine §
Initiale
de circonférence en grec: Perimetros
(perimetroV = périmètre) §
Nom donné
par William Jones en 1706 dans son A
New Introduction to Mathematics §
Adopté
par Euler en 1748 dans son Introduction à l'Analyse infinitésimale (eiπ =
- 1) |
p = 3. 1415926535 8979323846 2643383279 5028841971 6939937510
5820974944 5923078164 0628620899 8628034825 34211706798214808651 3282306647 0938446095 5058223172 53594081284811174502 8410270193 8521105559 6446229489 54930381964428810975 6659334461 2847564823 3786783165 27120190914564856692 3460348610 4543266482 1339360726 02491412737245870066 0631558817 4881520920 9628292540 9171536436
I.2. La
géométrie en état de grâce. Antiquité – XVIIèmes.
Derrière cette
célèbre constante se cachent près de 4000 ans de mathématiques !
Pour plus de
commodités, le langage moderne et habituel des mathématiques est utilisé ici...
Il ne faut pas croire que les Babyloniens écrivaient p et les nombres en décimales. Ils ne connaissaient
même pas la trigonométrie et utilisaient la base 60 au lieu de la base 10 . De
plus, les signes +, = n'ont été inventés que pendant la renaissance, les
écritures de l'antiquité ressemblaient plus à du langage écrit qu'autre chose.
Les égyptiens avaient un peu d'avance puisqu'ils utilisaient le système
décimal, manipulaient les fractions de numérateur 1, et avaient inventé un
signe + et un signe –
Nous allons ici
développer l’exemple des Egyptiens qui avec les Babyloniens donnent une des
plus anciennes approximations de π.
Sur le Papyrus
Rhind, le scribe égyptien Ahmes disait, que si l’on prend les 8/9 du diamètre
d’un cercle comme côté d'un carré, alors ce carré aura la même aire que le
disque. 
Si on suit sa méthode on obtient un approximation de p de la façon suivante :
Soit
un cercle de diamètre D = 9
Et
le carré circonscrit à ce cercle découpé en 9 carrés. Les 4 carrés des angles
sont amputés de moitié. On forme ainsi un octogone.


Pour
obtenir une approximation de p, on A2 = A3
Soit :
p.81/4 = 64
ó p = 256 / 81
ó p = (4/3)4
p » 3,16
Papyrus Rhind
La dominance de la
géométrie, dans le domaine du calcul s’étend sur une longue période jusqu’à
l’avènement de l’analyse. Mais pendant toute cette période c’est la méthode
d’Archimède qui sera la plus efficace ; nous n’allons pas la développer
ici mais juste donner le principe algorithmique.
Il considère un cercle de rayon 1 qu’il encadre en dessinant à l’intérieur
et à l’extérieur deux polygones à 3x2n côtés. Plus il aura de côtés,
plus les demi périmètres de chacun des polygones se rapprocheront de π.
Archimède, pour n = 5, trouve
(Notez que 3 + 10/70 = 22/7) La
précision est relativement bonne, 3 décimales après la virgule à la moyenne.
L’intérêt
ici est de retenir le principe qui consiste à approximer le nombre avec la
précision voulue sachant que à l’infini (
) on obtient bien π.
I.3. Le temps de
l’analyse.
Nous
reprenons ce principe de l’algorithme pour expliquer plus en profondeur une
formule de Viète (1540-1603) mathématicien reconnu parfois pour avoir été
l’inventeur du calcul algébrique.

Considérons un polygone régulier à n côtés inscrit
dans le cercle de rayon r.
Son aire est égale à An = n x aire
(triangle OAB).
Aire OAB = OH.HA = r².sin β.cos β =
r².sin 2β =
r².sin α
On a donc : An = ![]()
De même l’aire du polygone a 2n côtés sera égale
à :
A2n = 2n x aire (triangle OAC)
A2n = 2n.
r².sin β
D’où : ![]()
De la même façon
et par suite :

Quand k tends vers l’infini l’aire du polygone A2kn
tends vers celle du cercle πr². On obtient donc :
π = 
D’où π![]()

Viète choisit n = 4 d’où β =
, cos β =
et sin α = 1
Par ailleurs, il savait que cos![]()
D’où sa formule analytique avec une infinité de
termes :
|
π = |
Notons que cette méthode ne permet pas d’obtenir
rapidement une valeur précise de π
(à la main !) mais méritait
d’être citée ici pour son originalité – il s’agit de la
première formule infinie de π
– (à la calculatrice on obtient pour
k = 10, π = 3.14159234 soit 6 décimales
correctes). Viète lui-même, lorsqu’il détermina π avec 9 décimales eut recours la fameuse méthode d’Archimède en prenant 393 216 côtés (3.217)
I.4. Le temps des
machines
Nous ne pouvons pas à notre niveau approfondir le sujet du calcul actuel de
π par informatique. Il met en jeu des formules de plus en plus complexes, et
de plus en plus efficaces. Le dernier record en date dans la course aux
décimales est celui de l’équipe du professeur Kanada en 2002, avec plus de 1
241 100 000 000 décimales (impossible à lire !). L'efficacité des
programmes actuels pour calculer les décimales du nombre p sont de plus en plus
rapides à cause d'une part des progrès informatiques et d'autre part à cause
des progrès mathématiques non négligeables: aujourd'hui, pour doubler le nombre
de décimales calculées, le temps de calcul double seulement (méthode quasi
linéaire), alors que jusqu'en 1974 pour doubler le nombre de décimales, il
fallait multiplier les temps de calcul par quatre au minimum (méthode
quadratique).
Certaine découverte du mathématicien hindou Srinivasa
Ramanujan, comprises seulement ces dernières années alors qu'il est mort en
1920 ont été cruciales pour les progrès mathématiques récents du calcul du nombre
π.
II.1. Théorème de l'aiguille de Buffon
II.1.a. Enoncé
du théorème
Si on laisse tomber une
aiguille de longueur 2a sur un
parquet formé de lames de largeur 2b,
la probabilité pour que l'aiguille coupe l'une des raies de ce parquet est ![]()
II.1.b. Démonstration
Avec ces hypothèses : longueur d'une aiguille 2a, largeur des lames 2b
:
Désignons par y la distance du milieu
de l'aiguille (
) à la raie du bas et par ß l'angle entre l'aiguille et la raie
.
Si
ou
alors
respectivement, l'aiguille coupe la raie du haut ou celle du bas...
Donc, il y aura intersection si le point P
défini par ses coordonnées (ß, y)
appartient à la zone hachurée du graphique ci-contre :
Or, la distribution de y sur [0,2b] et de ß sur [0, π /2] est uniforme et donc la probabilité cherchée représente le
rapport de l'aire de la surface hachurée à l'aire du rectangle [0,2b]*[0, π/2] (qui contient tous les
cas possibles). Or l'aire du rectangle est A=π/2*2b=bπ.
Et l'aire de la surface hachurée est B=
(Les
2 surfaces hachurées ont même aire
car elles sont symétriques par rapport à la droite d'équation y=b)
d'où la probabilité cherchée est p égale à :
p =
.
Si l'on a une grande patience, il suffit de lancer un grand nombre de fois
l'aiguille sur le sol et de compter le nombre d'intersections.
II.1.c. Essais
Quelques individus patients ont tenté leur
chance au lancer d'aiguilles... Notamment Wolf en 1850 qui se munit de 5000
aiguilles avec a=0.8b et observe 2532 intersections ce qui l'amène à
l'approximation π=3.1596.
II.2.a. Principe
Cette méthode repose sur une technique
aléatoire : le lancer de fléchettes sur une cible circulaire de rayon
unitaire inscrite dans un carré de côté de longueur égale à 2. L’aire du disque
est de p et celle du
carré de 4. La probabilité qu’une fléchette tombe dans la cible est de p/4 (en considérant que
le lancer de fléchettes est aléatoire), soit l’aire de la cible sur celle du
carré.
Nous adaptons cette méthode à un quart de cercle, de
rayon unitaire, inscrit dans un carré, de côté unitaire.
II.2.b. Notre programme
La
méthode consiste à tirer au hasard des nombres x et y dans l'intervalle [0,1]
(les abscisses et ordonnées respectifs des points M pris au hasard dans ce
carré)
Si
x2 + y2 < 1, alors le point M(x; y) appartient au
quart de disque de rayon 1 et est dessiné en rouge, sinon il est colorié en
bleu.
La probabilité d'obtenir un point rouge est égale au rapport des aires du quart
de disque de rayon 1 et du carré de côté 1. Elle est donc égale à p/4.
D’où notre programme
rédigé pour calculatrice TI89/92 Plus :

Nos valeurs sur TI pour :
Notre valeur sur Excel (équivalent à a = 65536)
π = 3.1432
On voit que cette méthode a une convergence très lente
vers p.
Un théorème affirme que deux nombres
entiers naturels tirés chacun au hasard on une probabilité de 6/p2 d'être
premier entre eux (c'est a dire d'avoir un PGCD égal a un). On peut donc
essayer de mettre en place l'expérience suivante : calculer une valeur
approchée de p, grâce à des mesures expérimentales.
De
plus, nous savons que la désintégration de noyaux
radioactifs est totalement imprévisible et aléatoire. Donc sur une population
donnée, il est impossible de prévoir le nombre de désintégrations pendant un
temps donné.
Avec le matériel de notre lycée nous
avons eu l'idée de générer des nombres aléatoires. Par utilisation d'un CRAB
(compteur Geiger), on détecte le nombre d'impulsions de particules b et de
rayonnements γ, sur un intervalle de temps Δt issus du radioélément Césium 137.

II.3.b Protocole expérimental
On génère des nombres
aléatoires de la façon suivante : pour une valeur Δt de 10 secondes,
le nombre de désintégrations détectées par le CRAB varie entre 170 à 240. Le
seul chiffre véritablement significatif de ces nombres obtenus est celui des
unités. A partir de ces unités, on crée des nombres à cinq chiffres en les
juxtaposant. On crée donc 84 nombres à partir de 420 mesures.
On calcule ensuite le
PGCD (Plus Grand Commun Diviseur) de chacun de ces nombres par couples. Pour ce
faire, on crée dans Excel un tableau à double entrée qui calcule le PGCD de
tous les couples que l’on peut former entre ces nombres soit 3486 couples. On
pose le quotient du nombre de couples
dont le PGCD est égal à un (nombres premiers entre eux) sur le nombre
total de couples testés. On obtient une approximation de 6/p2 et donc de p. On obtient p ≈ 3.4767 Ce résultat peut
paraître relativement médiocre mais il peut s’expliquer de la façon
suivante : le théorème énoncé plus tôt est valable pour un couple de
nombres naturels
pris au hasard
dans l’ensemble
soit
et
; or ici nous avons du borner à un ensemble
tel que
et
. Le fait donc, que l’ensemble de définition des couples
dans est restreint par rapport à celui stipulé dans le théorème explique
l’imprécision obtenue.
On considère dans ce tableau l’opération généralisée
de ce qui a été réalisé sous Excel.
Il y a n lettres en ligne qui sont les mêmes n
chiffres en colonne.
|
|
A |
B |
… |
|
A |
PGCD (A ; A) |
PGCD (B ; A) |
… |
|
B |
PGCD (A ; B) |
PGCD (B ; B) |
… |
|
… |
… |
… |
… |
|
Xn |
PGCD (A ; Xn) |
PGCD (B ; Xn) |
… |
|
|
|
|
… |
|
Somme
des PGCD s’ils sont égaux à 1 |
α = somme des PGCD s’ils sont égaux à 1 |
β = somme des PGCD s’ils sont égaux à
1 |
… |
|
Approximations de 6/π² par colonne |
|
β/ (n-1) |
… |
|
Approximations de π par colonne |
RACINE (6/ (α/ (n-1)) |
RACINE (6/ (β/ (n-1)) |
|
On en déduit une
approximation moyenne de π.
Conclusion
Approximer π n’est donc pas une mince affaire, comme nous avons pus le voir. Les
méthodes sont nombreuses et couvrent l’ensemble des mathématiques. On note tout
de même que les méthodes géométriques et analytiques, spécialement lorsqu’elles
se présentent sous la forme d’algorithme sont beaucoup plus efficaces que les
méthodes probabilistes.
La réalisation de ces TPE nous a permis de constater à
quel point π a pus fasciner tant de mathématiciens, de physiciens, d’informaticiens
depuis le début de son existence. Même si l’intérêt d’approximer π avec une telle
précision peut paraître douteux, cela a permis dans bien des domaines, tant
mathématiques, que physique ou informatique, de faire progresser la
connaissance scientifique.
En guise de dépassement, on citera l’année 1995, qui
marqua un tournant dans la recherche de π. En effet, l’informatique ne constitue pas le plein
aboutissement des recherches sur π, les mathématiciens Plouffe, Borwein et Bailey découvrent une formule
possédant la propriété inattendue d'autoriser le calcul des décimales binaires
du nombre π indépendamment les unes des autres, ce que tout le monde croyait
impossible. Ainsi tout le monde peut maintenant savoir que la téraième (1012
ème) décimale de π en base 2 est 1.
